L’accessibilité est aujourd’hui un enjeu majeur pour les festivals. Au-delà du respect de la réglementation, elle permet aux personnes en situation de handicap de participer pleinement aux événements culturels dans les mêmes conditions que les autres festivaliers. Cette démarche nécessite toutefois des investissements humains, techniques et financiers. Si les organisateurs sont de plus en plus nombreux à intégrer l’accessibilité dans leur stratégie, son coût reste rarement communiqué publiquement. Le festival Garorock illustre cette réalité.
Un investissement indispensable
Rendre un festival accessible ne consiste pas uniquement à installer une rampe d’accès. L’accessibilité englobe l’ensemble du parcours du festivalier : l’information avant l’événement, les déplacements, le stationnement, les sanitaires, les plateformes devant les scènes, la signalétique, les espaces de repos ou encore l’accompagnement humain.
À Garorock, plusieurs dispositifs sont proposés aux personnes en situation de handicap : plateformes PMR devant les scènes, sanitaires adaptés, parkings réservés, accueil personnalisé, référent inclusion, accompagnement spécifique et possibilité de contacter une équipe dédiée avant le festival. En 2024, le festival a également bénéficié d’un audit d’accessibilité dans le cadre du programme Malakoff Humanis Festivals Tour, afin d’identifier les axes d’amélioration et de renforcer sa politique d’inclusion.
Combien coûte l’accessibilité ?
Garorock ne publie pas le montant consacré à l’accessibilité. Il est donc impossible de connaître précisément cette dépense. En revanche, les guides de bonnes pratiques et les retours d’expérience des festivals accompagnés par la Fondation Malakoff Humanis montrent que les organisateurs prévoient désormais de plus en plus un budget spécifique. En 2024, 92 % des festivals accompagnés par Malakoff Humanis disposaient d’un budget dédié à l’accessibilité, contre seulement 38 % avant leur accompagnement.
Les professionnels du secteur estiment que les dépenses liées à l’accessibilité représentent généralement entre 0,5 % et 2 % du budget total d’un festival, selon sa taille et les équipements proposés. Pour un événement de l’ampleur de Garorock, dont le budget global est estimé à plusieurs millions d’euros, cela correspondrait à un investissement compris entre 50 000 et 150 000 €. Il s’agit toutefois d’un ordre de grandeur et non d’un chiffre officiel communiqué par le festival.
À quoi correspond ce budget ?
Ce budget couvre plusieurs postes de dépenses :
- l’installation de plateformes accessibles devant les scènes ;
- les sanitaires et les parkings réservés ;
- les cheminements adaptés aux personnes à mobilité réduite ;
- la signalétique et les supports d’information accessibles ;
- la formation des salariés et des bénévoles ;
- la présence d’une équipe d’accueil spécialisée ;
- la location ou l’achat d’équipements spécifiques (boucles magnétiques, gilets vibrants, fauteuils roulants, espaces de repos, etc.).
Ces investissements doivent être renouvelés ou adaptés chaque année en fonction de l’évolution du site et des besoins des festivaliers.
Un investissement rentable
Si ces dépenses représentent un coût supplémentaire pour les organisateurs, elles constituent également un investissement stratégique. Une meilleure accessibilité permet d’élargir le public du festival, d’améliorer la qualité de l’accueil, de renforcer son image et de répondre aux attentes des collectivités et des partenaires en matière de responsabilité sociétale (RSE).
Les résultats obtenus par les festivals accompagnés par Malakoff Humanis montrent que 77 % d’entre eux ont constaté une augmentation de la fréquentation des personnes en situation de handicap après la mise en place de dispositifs d’accessibilité, tandis que 92 % des organisateurs déclarent avoir gagné en autonomie sur ces questions.
Le coût de l’accessibilité pour un festival comme Garorock ne peut être déterminé avec précision, faute de données publiques. Néanmoins, les estimations du secteur situent cet investissement entre 50 000 et 150 000 €, soit environ 0,5 % à 2 % du budget global d’un grand festival. Cette dépense finance les aménagements, les équipements et les ressources humaines nécessaires à l’accueil des personnes en situation de handicap.
Loin d’être une simple contrainte financière, l’accessibilité constitue aujourd’hui un investissement durable. Elle favorise l’inclusion, améliore l’expérience des festivaliers et renforce l’attractivité du festival auprès d’un public toujours plus large.
Sources :