Accessibilité numérique : un nouveau décret harmonise les obligations des acteurs publics et des grandes entreprises
Un décret publié au Journal officiel du 26 août 2026 actualise le cadre réglementaire de l’accessibilité des services de communication au public en ligne. Il harmonise les règles applicables aux sites internet, applications mobiles et autres services numériques proposés par les organismes publics et certaines entreprises privées. Le décret n° 2026-816 du 24 août 2026 modifie le […]
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Résumé de l’actualité
Un décret récent harmonise les obligations d’accessibilité numérique pour les acteurs publics et les grandes entreprises (CA ≥ 250M€), tout en étendant ces règles à certains services aux consommateurs, comme le e-commerce ou les services bancaires. Les organismes concernés doivent désormais se conformer à des références techniques unifiées, publier une déclaration d’accessibilité et intégrer cette démarche dans leur cycle de vie numérique. Les microentreprises sont exemptées, mais toutes les autres structures doivent auditer régulièrement leurs services et former leurs équipes pour garantir une inclusion optimale. Une avancée majeure pour l’égalité d’accès au numérique, encadrée par des normes européennes et françaises.
Résumé généré par Mistral AI, ajusté par le Média de l’Accessibilité.
Un décret publié au Journal officiel du 26 août 2026 actualise le cadre réglementaire de l’accessibilité des services de communication au public en ligne. Il harmonise les règles applicables aux sites internet, applications mobiles et autres services numériques proposés par les organismes publics et certaines entreprises privées.
Le décret n° 2026-816 du 24 août 2026 modifie le décret du 24 juillet 2019 pris pour l’application de l’article 47 de la loi du 11 février 2005 sur l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées.
Quels organismes et quelles entreprises sont concernés ?
Les obligations s’appliquent à l’ensemble des personnes morales de droit public, quelle que soit leur taille ou leur budget. Elles concernent donc l’État, les collectivités territoriales, les établissements publics, les syndicats mixtes et les autres organismes publics.
Elles couvrent également les organismes privés délégataires d’une mission de service public ainsi que certaines personnes morales de droit privé constituées pour satisfaire des besoins d’intérêt général. Le champ complet des organismes assujettis figure à l’article 47 de la loi du 11 février 2005.
Pour les entreprises privées relevant de ce dispositif, le seuil est fixé à 250 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. Il correspond à la moyenne du chiffre d’affaires réalisé en France au cours des trois derniers exercices comptables clos. Le calcul s’effectue pour chaque personne morale, conformément à l’article 2 du décret n° 2019-768.
Catégorie
Critère d’application
État, collectivités et établissements publics
Toutes les structures, indépendamment de leur taille
Organismes privés délégataires d’un service public
Application liée à l’exercice de la mission
Certains organismes privés d’intérêt général
Application selon leur statut et leurs activités
Entreprises privées relevant de l’article 47
Au moins 250 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel moyen réalisé en France sur trois exercices
Un deuxième régime pour certains services aux consommateurs
Depuis le 28 juin 2025, un dispositif issu de la directive européenne sur l’accessibilité s’applique également à plusieurs produits et services proposés aux consommateurs. Il couvre notamment le commerce électronique, certains services bancaires, les communications électroniques, les livres numériques et certains services de transport.
Les microentreprises qui fournissent des services bénéficient d’une exemption. Au sens de la directive, une microentreprise emploie moins de dix personnes et réalise un chiffre d’affaires annuel ou présente un total de bilan annuel inférieur ou égal à 2 millions d’euros.
Taille de l’entreprise
Situation générale
Moins de 10 salariés et jusqu’à 2 millions d’euros de chiffre d’affaires ou de bilan
Exemption pour les microentreprises fournissant des services relevant de la directive
À partir de 10 salariés ou au-delà de 2 millions d’euros
Application possible du régime européen selon la nature du service
À partir de 250 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel moyen réalisé en France
Application du régime général de l’article 47 aux services de communication au public en ligne
Le seuil de 250 millions d’euros et l’exemption des microentreprises appartiennent ainsi à deux cadres juridiques distincts. Chaque organisme doit examiner son statut, sa taille, la nature de ses services et le public auquel ils sont proposés.
Des références techniques harmonisées
Les services concernés doivent être accessibles aux personnes présentant un handicap visuel, auditif, moteur, cognitif ou psychique. Cette exigence porte notamment sur les sites institutionnels, les téléservices, les applications mobiles, les intranets, les extranets, les progiciels et la partie interactive du mobilier urbain numérique.
Le décret de 2026 actualise les références permettant d’apprécier la conformité de ces services. Il articule les normes harmonisées publiées au Journal officiel de l’Union européenne, les normes internationales et le référentiel français.
En France, le Référentiel général d’amélioration de l’accessibilité, ou RGAA, fournit une méthode opérationnelle. Il permet d’évaluer la navigation au clavier, les contrastes, les formulaires, les images, les documents téléchargeables et les contenus audiovisuels.
Des informations accessibles aux usagers
Chaque service numérique concerné publie une déclaration d’accessibilité. Ce document présente son niveau de conformité, les résultats de l’évaluation, les contenus restant à améliorer et les solutions accessibles proposées aux usagers.
La page d’accueil affiche clairement le niveau d’accessibilité du service. Elle donne également accès à la déclaration, au schéma pluriannuel de mise en accessibilité et au plan d’action annuel. Les usagers disposent d’un moyen de signaler leurs difficultés et trouvent facilement les voies de recours disponibles. Ces obligations figurent aux paragraphes III et IV de l’article 47 de la loi de 2005.
Une démarche continue
L’accessibilité accompagne tout le cycle de vie du service numérique. Les organismes programment des audits réguliers, documentent les anomalies, suivent les corrections et réévaluent la conformité après chaque évolution importante.
Cette démarche mobilise plusieurs métiers. Les directions des systèmes d’information suivent le socle technique, les services de communication veillent à l’accessibilité des contenus et les responsables des démarches en ligne contrôlent les formulaires et les parcours des usagers.
Les services de la commande publique peuvent intégrer des exigences précises dans les marchés de conception, de maintenance et d’hébergement. Les contrats gagnent à prévoir les critères techniques attendus, les modalités de recette, la remise des résultats d’audit et la correction des défauts constatés.
La formation continue des développeurs, webmestres, communicants, graphistes et contributeurs éditoriaux complète cette organisation.