Les réseaux sociaux sont devenus des outils incontournables de communication. Entreprises, administrations, associations, médias et créateurs de contenus y diffusent quotidiennement des millions de publications.
Pourtant, une partie importante de ces contenus reste inaccessible à de nombreux utilisateurs.
Une image sans texte alternatif, une vidéo dépourvue de sous-titres, un visuel contenant uniquement du texte ou encore une succession d’émojis difficilement interprétable par un lecteur d’écran peuvent empêcher des millions de personnes d’accéder à l’information.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 1,3 milliard de personnes vivent avec une forme significative de handicap dans le monde. Rendre les publications accessibles n’est donc pas uniquement une question d’inclusion : c’est également un moyen d’élargir son audience et d’améliorer l’expérience de l’ensemble des utilisateurs.
Les plateformes sociales proposent aujourd’hui de nombreuses fonctionnalités d’accessibilité. Encore faut-il les connaître et les utiliser.
Pourquoi l’accessibilité des réseaux sociaux est-elle importante ?
L’accessibilité des réseaux sociaux bénéficie à un public beaucoup plus large que les seules personnes en situation de handicap.
Les sous-titres profitent aux utilisateurs qui regardent des vidéos sans le son.
Les descriptions d’images permettent aux personnes utilisant un lecteur d’écran de comprendre un visuel.
Une rédaction claire facilite la lecture des personnes présentant des troubles cognitifs ou une faible maîtrise de la langue.
Des contrastes suffisants améliorent la lisibilité sur smartphone, en extérieur ou dans des conditions de forte luminosité.
Autrement dit, l’accessibilité améliore la qualité globale des contenus.
Elle répond également à des exigences réglementaires de plus en plus présentes, notamment avec l’European Accessibility Act (EAA) et les obligations applicables aux organismes publics ou aux entreprises selon leur secteur d’activité.
Facebook : privilégier les descriptions et les sous-titres
Facebook génère automatiquement des descriptions d’images grâce à l’intelligence artificielle.
Même si cette fonctionnalité constitue une avancée, les descriptions restent souvent incomplètes.
Il est recommandé de rédiger un texte alternatif personnalisé décrivant les éléments importants de l’image.
Par exemple, plutôt que :
« Image contenant de la nourriture »
préférez :
« Un hamburger accompagné de salade, de tomates et de frites servi dans une assiette blanche. »
Les vidéos devraient systématiquement comporter des sous-titres synchronisés.
Les sous-titres automatiques proposés par Meta constituent une bonne base, mais une relecture reste indispensable afin de corriger les erreurs de transcription.
Lorsque des informations importantes apparaissent uniquement à l’écran, il est également recommandé de prévoir une audiodescription ou de les intégrer dans la narration.
Enfin, si une publication contient un visuel avec du texte (affiche, infographie, citation ou flyer), ce contenu doit également être repris dans la description de la publication afin qu’il puisse être lu par les technologies d’assistance.
X permet d’ajouter un texte alternatif à chaque image publiée.
Cette fonctionnalité est encore trop peu utilisée alors qu’elle constitue l’un des moyens les plus simples d’améliorer l’accessibilité.
Les descriptions doivent rester factuelles, concises et suffisamment précises pour restituer le sens de l’image.
Pour les vidéos, X ne génère pas automatiquement des sous-titres fiables.
Il est donc préférable d’intégrer les sous-titres directement dans la vidéo avant sa publication.
Le style rédactionnel joue également un rôle essentiel.
Les messages doivent privilégier un langage simple, éviter les abréviations peu connues et limiter l’utilisation excessive d’émojis.
Les lecteurs d’écran vocalisent chacun d’entre eux.
Une suite comme :
🎉🎉🎉🎉🔥🔥🚀🚀
devient rapidement difficile à écouter.
Il est également recommandé d’utiliser des hashtags en CamelCase, par exemple :
#AccessibiliteNumerique
plutôt que :
#accessibilitenumerique
Cette pratique facilite la lecture automatique par les technologies d’assistance.
Instagram : rendre les contenus visuels compréhensibles
Instagram repose presque exclusivement sur l’image.
La qualité des descriptions est donc particulièrement importante.
Lors de la publication d’une photo, il est possible d’ajouter un texte alternatif personnalisé dans les paramètres avancés.
Ce texte doit décrire les éléments essentiels du visuel sans chercher à interpréter son contenu.
Les Stories et les Reels devraient systématiquement intégrer des sous-titres.
Le sticker « Sous-titres » proposé par Instagram facilite cette opération, mais une vérification reste nécessaire avant publication.
Le texte affiché dans les Stories mérite également une attention particulière.
Une police suffisamment grande, un contraste élevé entre le texte et le fond ainsi qu’un positionnement évitant les zones masquées par l’interface améliorent fortement la lisibilité.
Autre point souvent négligé : les polices décoratives générées par des applications externes.
Bien qu’elles soient visuellement attractives, elles sont généralement mal interprétées par les lecteurs d’écran et peuvent rendre les publications incompréhensibles.
Certaines recommandations sont valables quel que soit le réseau social utilisé.
Parmi les plus importantes :
- ajouter un texte alternatif pertinent à chaque image ;
- sous-titrer systématiquement les vidéos ;
- éviter les informations exclusivement transmises par la couleur ;
- utiliser un contraste suffisant entre le texte et le fond ;
- limiter les animations clignotantes ou les effets susceptibles de provoquer une gêne visuelle ;
- rédiger des messages clairs, structurés et faciles à comprendre ;
- utiliser les hashtags en CamelCase ;
- limiter l’utilisation excessive d’émojis ;
- vérifier régulièrement les fonctionnalités d’accessibilité proposées par chaque plateforme.
Une démarche bénéfique pour tous
L’accessibilité des réseaux sociaux ne bénéficie pas uniquement aux personnes en situation de handicap.
Elle améliore également l’expérience :
- des personnes âgées ;
- des utilisateurs consultant les vidéos sans le son ;
- des internautes disposant d’une connexion limitée ;
- des personnes apprenant une langue étrangère ;
- des utilisateurs consultant les contenus sur smartphone en déplacement.
Au-delà de la conformité réglementaire, produire des contenus accessibles contribue à rendre la communication plus inclusive, plus compréhensible et plus performante.
Dans un contexte où les réseaux sociaux constituent un canal majeur d’information et de communication, intégrer ces bonnes pratiques devient un véritable enjeu de qualité éditoriale.
Ressources
Références internationales
Meta (Facebook et Instagram)
X (anciennement Twitter)
Ressources complémentaires