L’accessibilité numérique repose sur un ensemble de règles visant à garantir un accès équitable aux contenus web pour tous les utilisateurs, y compris les personnes en situation de handicap.
En France, ces obligations sont encadrées par le Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité (RGAA), publié par la Direction interministérielle du numérique (DINUM).
Ce référentiel s’appuie notamment sur les recommandations internationales des Web Content Accessibility Guidelines (WCAG) élaborées par le World Wide Web Consortium (W3C).
Parmi les exigences souvent méconnues figure l’identification de la langue des contenus. Pourtant, cette information est indispensable au bon fonctionnement des technologies d’assistance, notamment les lecteurs d’écran.
Pourquoi déclarer la langue principale d’une page ?
Le RGAA impose que la langue principale de chaque page web soit explicitement indiquée dans le code source. Cette exigence correspond au critère 3.1.1 « Language of Page » des WCAG 2.2.
Concrètement, une page rédigée en français doit comporter l’attribut HTML lang= »fr » afin que les technologies d’assistance puissent identifier correctement la langue utilisée.
Selon le W3C, cette déclaration permet aux lecteurs d’écran d’adopter les bonnes règles de prononciation, d’intonation et de synthèse vocale. Sans cette information, les utilisateurs risquent d’entendre un contenu lu avec une mauvaise prononciation, ce qui peut nuire fortement à sa compréhension.
Les changements de langue doivent également être identifiés
L’accessibilité ne se limite pas à la langue principale de la page. Le RGAA exige également que les changements de langue présents dans un texte soient signalés lorsqu’ils concernent un mot, une expression ou un passage rédigé dans une langue différente.
Cette obligation est alignée sur le critère 3.1.2 « Language of Parts » des WCAG.
Par exemple, lorsqu’un article en français contient une expression anglaise comme « Digital Accessibility » ou une citation dans une autre langue, celle-ci doit être balisée correctement afin que les lecteurs d’écran adaptent automatiquement leur prononciation.
Cette bonne pratique améliore considérablement la qualité de restitution du contenu pour les personnes utilisant des technologies d’assistance.
Une exigence commune au RGAA et aux WCAG
Le RGAA reprend directement les principes définis par les WCAG afin d’assurer une cohérence avec les standards internationaux de l’accessibilité numérique.
Les deux référentiels imposent ainsi :
l’identification de la langue principale de chaque page ;
l’identification des changements de langue dans les contenus ;
la compatibilité avec les technologies d’assistance ;
une meilleure compréhension des informations diffusées en ligne.
Ces exigences participent à la création d’un web plus inclusif et plus accessible à l’ensemble des utilisateurs.
Des bénéfices qui dépassent l’accessibilité
L’identification correcte des langues présente également des avantages en dehors du champ de l’accessibilité.
Elle contribue notamment à :
améliorer la qualité des traductions automatiques ;
faciliter l’indexation des contenus par les moteurs de recherche ;
optimiser l’expérience utilisateur sur les sites multilingues ;
renforcer la conformité réglementaire lors d’un audit RGAA.
Pour les organisations soumises aux obligations d’accessibilité numérique, le respect de ces critères constitue un élément essentiel de conformité.
Sources officielles
- Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité (RGAA) : https://accessibilite.numerique.gouv.fr/
- WCAG 2.2 – Web Content Accessibility Guidelines : https://www.w3.org/TR/WCAG22/
- W3C – Understanding Success Criterion 3.1.1 Language of Page : https://www.w3.org/WAI/WCAG22/Understanding/language-of-page.html
- W3C – Understanding Success Criterion 3.1.2 Language of Parts : https://www.w3.org/WAI/WCAG22/Understanding/language-of-parts.html
- Direction interministérielle du numérique (DINUM) : https://www.numerique.gouv.fr/