ClariDroits : l'intelligence artificielle française qui prépare les démarches liées au handicap sans jamais remplacer les professionnels

L’intelligence artificielle transforme progressivement de nombreux secteurs, y compris celui de la santé et du médico-social. Pourtant, lorsqu’il s’agit d’accompagner des personnes en situation de handicap, la technologie doit répondre à une exigence essentielle : simplifier les démarches administratives sans se substituer aux professionnels ni aux décisions humaines. C’est précisément l’ambition de ClariDroits, une solution […]

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L’intelligence artificielle transforme progressivement de nombreux secteurs, y compris celui de la santé et du médico-social. Pourtant, lorsqu’il s’agit d’accompagner des personnes en situation de handicap, la technologie doit répondre à une exigence essentielle : simplifier les démarches administratives sans se substituer aux professionnels ni aux décisions humaines.

C’est précisément l’ambition de ClariDroits, une solution développée par Kyrelia Technologie, qui met l’intelligence artificielle au service de la préparation documentaire.

Son objectif est d’aider les personnes en situation de handicap, leurs aidants et les professionnels à organiser les informations nécessaires à la constitution de dossiers administratifs complexes, tout en garantissant que chaque étape décisive reste sous contrôle humain.


Une innovation née d’un vécu personnel

À l’origine de ClariDroits se trouve Patrick Kahouadji, fondateur de Kyrelia Technologie.

Lui-même en situation de handicap, il connaît les difficultés que représentent les démarches administratives liées à l’accès aux droits.

Constitution des dossiers MDPH, certificats médicaux, évaluations GEVA, échanges avec les professionnels : autant d’étapes qui nécessitent de rechercher des documents, de compléter des formulaires et de raconter à plusieurs reprises une histoire personnelle souvent difficile.

De cette expérience est née une conviction simple : les personnes concernées ne devraient pas consacrer autant de temps à la gestion administrative de leur parcours de vie. Il fallait créer un outil capable d’aider à préparer ces démarches tout en laissant les professionnels exercer pleinement leur expertise.

Comme le résume Patrick Kahouadji :

« Je n’ai pas créé ClariDroits pour faire une application de plus, mais pour pouvoir enfin utiliser l’application dont j’aurais eu besoin dans mon propre parcours de handicap. »


Une IA qui prépare les documents, sans jamais décider

Contrairement aux assistants automatisés qui cherchent à remplacer certaines tâches humaines, ClariDroits adopte une approche radicalement différente.

L’intelligence artificielle ne prend aucune décision. Elle propose des formulations, organise les informations, explique les démarches et prépare plusieurs documents administratifs, notamment :

  • la demande MDPH ;
  • le GEVA adulte ;
  • le GEVA-Sco première demande ;
  • le GEVA-Sco réexamen ;
  • les certificats médicaux préparatoires.

Chaque proposition reste une proposition jusqu’à ce qu’elle soit relue, corrigée et validée par la personne concernée ou par le professionnel compétent. L’application ne signe aucun document, ne transmet aucun dossier et ne dépose aucune demande automatiquement.


Un moteur documentaire unique

L’innovation majeure de ClariDroits repose sur son architecture documentaire.

Plutôt que de remplir indépendamment plusieurs formulaires contenant souvent les mêmes informations, la plateforme construit un dossier source unique regroupant :

  • le récit de la personne ;
  • les pièces justificatives ;
  • les documents médicaux ;
  • les informations déclarées ;
  • l’historique des modifications.

À partir de cette base documentaire, le moteur prépare séparément plusieurs documents administratifs sans recopier les informations d’un formulaire vers un autre. Une validation effectuée dans un dossier MDPH ne vaut jamais validation pour un GEVA ou un GEVA-Sco. Chaque document conserve sa propre relecture et son propre processus de validation.

Cette approche limite les ressaisies tout en garantissant une traçabilité complète de chaque donnée.


Une intelligence artificielle transparente

L’une des spécificités du projet est la volonté de rendre visibles les limites de l’intelligence artificielle.

Chaque information conserve :

  • son auteur ;
  • sa provenance ;
  • sa date ;
  • son niveau de confiance ;
  • son historique de révision.

Le moteur distingue également quatre catégories d’informations :

  • le ressenti ou vécu déclaré ;
  • les faits observables ;
  • les preuves documentaires ;
  • les demandes formulées.

Cette distinction évite que des interprétations automatiques soient présentées comme des faits établis. Les éléments nécessitant une expertise professionnelle sont explicitement identifiés comme devant être relus.


Une plateforme pensée pour les professionnels

Si ClariDroits s’adresse aux personnes concernées et à leurs aidants, la plateforme est également conçue pour les professionnels du secteur médico-social.

Des parcours spécifiques sont prévus pour :

  • les médecins ;
  • les ergothérapeutes ;
  • les travailleurs sociaux ;
  • les enseignants ;
  • les enseignants référents ;
  • les AESH ;
  • les établissements scolaires.

Chaque professionnel intervient uniquement dans son domaine de compétence.

Par exemple, concernant les certificats médicaux, ClariDroits peut rassembler les informations utiles, proposer une chronologie ou identifier les points nécessitant une attention particulière. En revanche, seul le médecin peut poser un diagnostic, corriger, valider et signer le document.


Orienter sans transmettre les données

Une autre fonctionnalité développée dans la version Alpha concerne l’orientation territoriale.

Selon les besoins identifiés, ClariDroits peut suggérer différents interlocuteurs :

  • médecin traitant ;
  • ergothérapeute ;
  • service autonomie ;
  • travailleur social ;
  • MDPH ;
  • Cap Emploi ;
  • associations spécialisées.

Ces suggestions reposent sur des annuaires officiels et nécessitent le consentement de l’utilisateur pour utiliser sa localisation.

Le dossier précise que seules les informations nécessaires à la recherche géographique sont utilisées. Le récit personnel, les documents du dossier, le diagnostic ou l’identité de la personne ne sont jamais transmis aux fournisseurs d’annuaires. Par ailleurs, ClariDroits ne prend pas de rendez-vous et ne garantit pas la disponibilité des professionnels proposés.


La confiance au cœur du projet

Pour Patrick Kahouadji, la confiance ne constitue pas une simple fonctionnalité supplémentaire : elle structure l’ensemble de l’architecture de ClariDroits.

Parmi les principaux garde-fous figurent :

  • une validation humaine pour chaque proposition ;
  • une validation indépendante de chaque document ;
  • l’absence de transfert automatique entre les formulaires ;
  • la conservation des documents d’origine ;
  • le stockage sécurisé des données locales ;
  • l’impossibilité de signer, transmettre ou déposer automatiquement un dossier.

Le dossier de presse précise également que les performances techniques présentées correspondent à des validations internes et ne constituent ni une certification indépendante, ni une homologation médicale ou administrative.


Une ambition internationale

Bien que ClariDroits soit aujourd’hui disponible uniquement en Alpha privée en France, le projet a été conçu avec une ambition plus large.

L’architecture permet déjà de préparer plusieurs juridictions et plusieurs langues, tout en conservant un moteur documentaire unique.

L’objectif n’est pas de traduire une application française, mais d’adapter progressivement la plateforme aux spécificités juridiques, administratives et linguistiques de chaque pays. Au 23 juillet 2026, quatorze environnements sont en préparation, mais seule la France est ouverte aux tests privés.

Comme le résume le dossier de presse :

« Nous ne construisons pas une application française que nous traduirons ensuite. Nous construisons une architecture internationale capable de s’adapter juridiction par juridiction, tout en conservant le même moteur métier et les mêmes garanties de sécurité. »


Une vision de l’IA centrée sur l’humain

Au-delà de la technologie, ClariDroits porte une vision de l’intelligence artificielle fondée sur la complémentarité entre l’humain et la machine.

L’application ne cherche pas à automatiser les décisions administratives ou médicales. Elle vise à réduire la charge documentaire, à améliorer la compréhension des démarches et à rendre les informations plus lisibles, plus traçables et plus faciles à exploiter.

Cette philosophie est résumée dans une phrase devenue la signature du projet :


« Je n’ai pas créé ClariDroits parce que je voulais créer une entreprise. Je l’ai créé parce que j’en avais besoin. Et j’ai découvert que je n’étais pas le seul. »

Sources

Sources primaires

  1. Patrick Kahouadji, Présentation du projet ClariDroits (témoignage du fondateur).
  2. Kyrelia Technologies, Dossier de presse – ClariDroits, Édition Innovation – 23 juillet 2026.

Sources institutionnelles

  • Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) – Documentation relative aux MDPH, au GEVA et au GEVA-Sco.
  • Service-Public.fr – Informations sur les droits des personnes en situation de handicap et les démarches administratives.
  • Ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles – Informations officielles sur les MDPH et les politiques publiques du handicap.
  • Haute Autorité de Santé (HAS) – Recommandations concernant les parcours de soins et l’accompagnement des personnes en situation de handicap.

Mayeul Beretta

Président du Média de l’Accessibilité

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